Télémédecine SATES

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L’e-santé (e-heath, cybersanté) est apparue dans les années 1960, avec l’explosion de l’électronique (« e » de « e-santé ») puis de l’informatique. Pour l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), l’e-santé est définie comme « les services du numérique au service du bien être de la personne ». Cela consiste à utiliser les TIC (Technologies de l’Information et de la Communication) à l’appui de l’action de santé et dans des domaines connexes, dont les services de soins de santé, la surveillance sanitaire, la littérature sanitaire et l’éducation, le savoir et la recherche en matière de santé.

Pour l’OCDE les TIC sont définis comme une combinaison de produits et de services qui capturent, enregistrent et affichent des données et des informations, par voie électronique. Pour l’Union Internationale des Télécommunications, les exemples sur l’implémentation de l’e-santé dans les pays en développement sont:

* télémédecine

* surveillance électronique des patients

* dossier médical électronique (Electronic Health Record ou EHR)

* systèmes informatiques hospitaliers

* remboursement électronique des soins

* e-learning Le champ est très vaste, il inclut la télémédecine, passe par les infrastructures et va jusqu’à l’apprentissage.

Les applications de la télésanté sont cependant plus larges que celles de la télémédecine. Il s’agit par exemple de l’ensemble des sites et portails, en tout ou partie liés à la santé, que l’on trouve sur Internet. Ces sites, bien connus des patients et des professionnels de santé, proposent des prestations nombreuses : conseils, recommandations, articles, forums, bulletins d’information voire, pour certains d’entre eux, des dossiers médicaux en ligne. La télémédecine est l’une des composantes de la « télésanté », les premiers actes de télémédecine datent des années 1920, avec l’utilisation de la radio pour fournir une assistance médicale à des personnes en mer. La télémédecine, sous ensemble de la télésanté est avant tout une activité médicale qui fait appel à de nouvelles pratiques médicales à distance, utilisant les technologies de l’information et de la communication modernes, déployée dans le cadre de nouvelles organisations des soins. C’est une activité du domaine médical qui doit d’une part répondre aux règles de l’éthique et de la déontologie médicale et d’autre part avoir une base juridique qui définit ses domaines d’activité à l’exemple de l’article L.6316-1 du Code de la santé publique dans la législation française. Les 5 actes de télémédecine réalisables sont :

La téléconsultation :

– un médecin donne une consultation à distance à un patient, lequel peut être assisté d’un professionnel de santé.
– Le patient et/ou le professionnel à ses côtés fournissent les informations, le médecin à distance pose le diagnostic.

La télé expertise : un médecin sollicite à distance l’avis d’un ou de plusieurs confrères sur la base d’informations médicales liées à la prise en charge d’un patient.

La télésurveillance médicale : un médecin surveille et interprète à distance les paramètres médicaux d’un patient. L’enregistrement et la transmission des données peuvent être automatisées ou réalisées par le patient lui-même ou par un professionnel de santé.

La téléassistance médicale : un médecin assiste à distance un autre professionnel de santé au cours de la réalisation d’un acte. La régulation médicale : les médecins des centres d’appel (SAMU, pompiers) établissent par téléphone un premier diagnostic afin de déterminer et de déclencher la réponse la mieux adaptée à la nature de l’appel. L’OMS définit la m-santé (mobile health ou m-health) comme l’ensemble des pratiques médicales et de santé publique supportées par des appareils mobiles, tels que les téléphones mobiles, les dispositifs de surveillance des patients, les PDA et autres appareils sans fil. Cette activité peut consister en :

– Communication entre des individus et des services de santé (apparentée à la télémédecine)
– Accès distant à l’information (notamment au dossier médical du patient)
– Monitoring et surveillance des patients, avec des dispositifs de mesure communicants Les applications de m-santé sur smartphone ont explosé, elles vont du conseil de bien être (sport, alimentation, sommeil) au véritable dispositif médical (oxymètre, ECG, otoscope) en passant par tout ce que permettent les technologies du web (dossier de santé, guide médical, réseau sociaux autour de l’imagerie médicale). Le « quantified self » ou mesure du soi est défini par la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés française (CNIL) comme un ensemble de pratiques variées qui ont toutes pour point commun, de mesurer et de comparer avec d’autres personnes des variables relatives à son mode de vie.

Ces variables ont un large champ: activité physique, qualité du sommeil, poids, habitudes alimentaires,… C’est la communication des données et leur mise en réseau qui distingue le quantified self de la simple auto-mesure. Cette branche de télésanté est une activité frontière avec la télémédecine, elle rentre dans le cadre du bien être général de la personne, de la conservation de sa bonne santé par des mesures préventives efficaces, auto évaluées et comparées en ayant recours à des gadgets parfois utilisés à des fins médicales sans pour autant être des dispositifs médicaux. Il y a forcément imbrication de ces disciplines. La m-santé est inclus dans l’e-santé car elle concerne la santé de manière globale, avec un recours aux TIC en situation de mobilité. La télémédecine est comprise dans la e-santé, ceci est vrai si l’on considère uniquement les moyens de communication électroniques. La tendance de la télémédecine est à la m-santé car elle exploite tout le potentiel des communications mobiles accessibles à tous avec le développement de la fibre optique et des réseaux de télécommunications.

En Algérie, la télémédecine est en voie de développement où l’existence d’un réseau dense de fibres optiques devrait permettre une meilleure maitrise de cet outil au profit de nos patients qui vivent à distance des grands centres médicaux du pays. Dans notre pays, la télémédecine a fait son apparition depuis les années 2000 dans les travaux de centres de recherche et des universités ainsi que les projets gouvernementaux. Il s’en est suivi des programmes de téléconférences médicales entre les hôpitaux du sud et ceux du nord menés sous l’égide des ministères de la santé et des télécommunications. D’autres expériences beaucoup plus simples mais non moins dignes d’intérêt ont été également menées par des confrères à titre individuel en utilisant la téléphonie mobile et l’internet pour la télésurveillance de maladies chroniques et la télé expertise ou la téléassistance médicale. Dans notre pays, le développement de projets dans ce sens avec des moyens divers de télécommunication permettra l’éclosion et l’implémentation de cette nouvelle discipline accessible à tous les praticiens ayant la conviction majeure de communiquer. La télémédecine peut changer notre pratique médicale et rapprocher beaucoup plus le patient de son médecin pour la prévention des maladies, leur diagnostic, leur traitement et leur surveillance après traitement au niveau du domicile. La qualité des soins n’en sera qu’améliorée et le rendement du système de santé en terme de longévité et de confort de vie n’en sera que meilleur.